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Fromages AOP sous contrôle?

Véronique Richez-Lerouge va publier Main basse sur les fromages AOP  où comment les multinationales contrôlent les appellations. (Sortie le 23 février). Le sujet : comment les grands groupes ont mis la main sur les fromages AOP en s’appropriant le savoir-faire et en décimant les fabrications artisanales. Derrière des marques aux noms évocateurs d’un terroir soi-disant préservé, se cachent des géants laitiers ; l’auteure révèle les noms des fromageries, des marques et des fabrications AOP qui appartiennent à Lactalis, Savencia Fromage & Dairy, Sodiaal, Eurial, Triballat…

main basse sur les fromages aop
Plus de 300 pages, des cartes, des explications sur les fameux et célèbres fromages AOP français.

Spécialiste des produits laitiers et des questions agricoles, l’auteure décortique les cahiers des charges et démontre pourquoi les labels AOC/AOP ne sont plus des signes de qualité. Il y a de grandes disparités. Le livre révèle aussi le laxisme de la filière à tous les échelons de l’amont à l’aval, jusqu’aux fromagers qui vendent souvent des AOP industrielles alors que les dernières fabrications fermières en voie d’extinction. C’est un tour de France au cœur des racines de notre terroir à la rencontre des principaux acteurs des filières labellisées en Normandie, Franche-Comté, Béarn, Savoie, Aveyron, Auvergne.

Les deux tiers des fromages d’Appellation d’origine protégée (AOP) sont sous la coupe des géants laitiers. Les AOP fromagères ne représentent que 10 % du plateau de fromages français et ont pourtant concentré les appétits des multinationales dans l’indifférence générale. L’image et le prestige expliquent sans doute cet intérêt pour ce segment à forte valeur ajoutée. L’ingénieux système des Appellations d’origine contrôlée que la France a inventé pour protéger sa tradition et ses savoir-faire a échoué dans sa mission initiale. Dès 1978, la famille Besnier met un pied dans le camembert au lait cru avec le rachat de Lepetit qu’il pasteurisa ensuite, puis enchaîne avec le comté, le roquefort, le reblochon… Il fut très vite suivi par d’autres industriels. Loin de s’en inquiéter, la France leur donna la clé des terroirs, trahissant ainsi l’esprit même des appellations qu’elle avait créées. Laxisme ? Complicité ?

Par le jeu de rachats incessants, les fromageries familiales artisanales se sont peu à peu éteintes léguant leur savoir-faire ancestral à de grands groupes laitiers plus préoccupés à contrôler la précieuse filière laitière qu’à faire du fromage de qualité. Certaines appellations ne comptent plus qu’un ou deux fermiers, et trop peu de laiteries indépendantes pour peser face à des géants. L’auteure développe de multiples exemples. Si certaines AOP ont résisté, nombreuses sont celles qui ont assoupli les cahiers des charges entraînant une baisse de la qualité, une standardisation du goût, sans lien avec la promesse. Des « sous-AOP » envahissent les étals des fromagers bien souvent laxistes et les linéaires des grandes surfaces. Assorti de cartes et d’explications détaillées, le livre révèle au grand public ce qu’on ne dit jamais sur les AOP.

L’auteureVéronique Richez-Lerouge est journaliste. Depuis plus de quinze ans, elle arpente le moindre recoin de terroir à la rencontre des principaux acteurs de la profession fromagère et laitière. Ses livres : France, ton fromage fout le camp ! (2012) et La Vache qui pleure.

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La collection: ce livre est le premier volume de la collection Avec la collection, nous avons pensé qu’il serait sage de se préoccuper d’un patrimoine vivant tout à la fois agricole, botanique, écologique, économique, culinaire et gastronomique. Cette collection donne la parole aux acteurs de terrain qui défendent la notion de bien manger sainement. Être  gourmand et conscient de l’environnement. Voilà le credo dont tout mangeur contemporain ne devrait plus se départir s’il fait preuve de lucidité.

Documents, livres de dégustation, découvertes insolites, portraits, voyages, réflexions et débats… Il s’agit d’ouvrir un nouveau champ invitant les gastronomes et les curieux à réconcilier la nourriture, l’art de vivre et la philosophie. Plutôt que de détruire pour produire, ne serait-il pas plus essentiel de produire en cultivant et en élevant. Les nourritures et les mets n’en prendraient que plus de sens. Ne juge-t-on pas l’avenir d’une société à sa manière de se nourrir ?

Pratique : format 145X190; 328 pages + cahier couleur 8 pages; EAN 9782367600772; 20€TTC; Diffusion Interforum. Sortie nationale jeudi 23 février 2017

 

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